La petite Marquise

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La Place des Epars : Projet de Morin, œuvre de Mirey 

Entrée de ville s’étendant devant l’ancienne porte des «Esparres», dont le nom évoquait des madriers et des «poteaux de clôture», la Place des Epars fut aménagée entre 1792 et 1825. Les plans de l’architecte Morin prévoyaient pour le côté ville des bâtiments classiques en pierres de Berchères, disposés en arcs de cercle et allégés de colonnades au rez-de-chaussée.

Côté faubourg, la place s’alignait sur l’auberge des Trois Mages (devenue gendarmerie en 1822), l’hôtel du Grand Monarque et son porche ouvrant sur la cour intérieure, puis sur l’hôtel du Duc de Chartres.

Côté ville, entre la promenade Saint-Michel et en direction de la place Châtelet, elle offrait à la vue son élégant demi-cercle d’immeubles d’habitations et de boutiques, et l’Hôtel de France.

Enfin, elle s’ouvrait sur le centre urbain par l’éventail des deux rues pénétrantes du Bois Merrain et de la Grande rue des Epars.

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Nous souhaitons rendre au bâtiment abritant l’auberge des Trois Mages, devenu Gendarmerie en 1822 puis immeuble administratif retranché derrière une cour à gradins, son caractère d’origine, festif et ouvert sur sa ville.

En contrepoint du Grand Monarque, son grand frère, institutionnel et historique, nous proposons d’utiliser le volume du bâtiment comme un écrin accueillant un bijou, une pierre ovale et précieuse en réponse à la forme elliptique de la place.

Ce volume, cristallin et limpide, ne doit pas péjorer son écrin mais l’anoblir.

Le volume est paré et enchâssé, serti, dans le léger relief crée par les rampes de la cour, qui a elle même été épurée et débarrassée de ses gibbosités.

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La création de deux rampes douces permettent une approche gracieuse et naturelle au lobby qui est situé dans la lanterne centrale.

Un escalier d’honneur donne accès à la salle, haute et claire et crée également une ouverture idéale sur la place et la ville.

La construction très légère, de toile bordée d’un anneau de chrome, de verre et de piliers métalliques fins, n’obstrue pas la vue sur le bâtiment existant depuis la place, sa forme ovale laisser glisser la vue sur ses pourtours.

Le léger enfoncement du nouveau bâtiment en récupérant le niveau de la cour permet de libérer tous les accès mais autorise aussi une hauteur très importante à l’intérieur de la salle.

Les accès latéraux sont eux aussi libérés et l’ensemble de circulations en rubans construit un lien commun qui aide à civiliser tous les espaces l’entourant.
En jouant des différences de niveaux existants et crées, nous libérons toutes les vues depuis les arcades du rez-de-chaussée, une nouvelle circulation est provoquée depuis la rue jusqu’aux sous-sols en traversant la partie couverte de la cour.

Les deux rampes latérales enserrant la salle lui confèrent un repli, une intimité, et ouvrent sa perspective sur la ville dans sa partie avant.

Place des Epars